Qu’est-ce que le gender mainstreaming ?

En fonction de leur sexe, les femmes et les hommes sont confrontés à des réalités différentes, dont découlent des besoins différents. Le gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale veut explicitement tenir compte de ces besoins.

Un exemple :

« L’aménagement d’une piste cyclable ou d’un chemin piéton ne tient pas toujours compte des personnes qui les empruntent. Qu’un tunnel soit dépourvu d’éclairage ou que des hauts buissons longent une piste cyclable non éclairée ne préoccupe pas les hommes. Les femmes, en revanche, y trouvent une raison de faire un détour de trois kilomètres. Cette différence de perception doit être prise en compte lorsqu’on aménage un tel tunnel ou chemin. » (Naezer, 2007)
La stratégie qui vise à intégrer les différences entre les femmes et les hommes dans la politique générale s’appelle gender maintreaming. 

Le gender mainstreaming est la manière dont nous élaborons des politiques en les adaptant de sorte qu’elles tiennent compte des différences entre le comportement, les aspirations et les besoins des hommes et des femmes. Cela signifie que les perceptions, les expériences, les connaissances et les intérêts des femmes et des hommes influent sur l’élaboration des politiques, sans pour autant tomber dans les stéréotypes de genre.

equal.brussels et le gender mainstreaming

Pour equal.brussels, le gender mainstreaming, c’est « faire ce qu’il faut, comme il (le) faut ». Nous constatons que nos processus de travail conduisent parfois les autorités à agir d’une manière convenant mieux aux hommes qu’aux femmes. Nous prenons inconsciemment comme référence un citoyen modèle qui n’existe pas et nous faisons abstraction des différences qui existent entre les femmes et les hommes.

Ces différences se rencontrent dans la vie quotidienne plus souvent qu’on ne l’imagine. Par exemple, les hommes et les femmes diffèrent par :

  • leurs goûts en matière de sport et de loisirs ;
  • les types d’organisations qu’ils ou elles créent et les types de risques qu’ils ou elles prennent ;
  • les positions qu’ils ou elles occupent sur le marché du travail ;
  • l’usage qu’ils ou elles font des transports en commun et du vélo ;
  • le sentiment de sécurité qu’ils ou elles ont dans l’espace public.

Ne pas tenir compte des différences entre les hommes et les femmes dans les décisions politiques entraîne des conséquences :

  • L’égalité entre les hommes et les femmes reste inaccessible, car l’égalité commence par la reconnaissance des différences ;
  • Notre politique perd en efficience et efficacité : les femmes et les hommes représentent chacun environ la moitié de la population. À Bruxelles, les femmes sont même en majorité. Les problèmes que nous essayons de combattre ou d’éviter au moyen d’une politique adéquate ne pourront être résolus que si nous tenons suffisamment compte des sensibilités des deux groupes.

Même s’il existe des tendances générales, la femme ou l’homme n’existe pas de manière absolue. Les différences sont parfois plus grandes que les similitudes. Il est néanmoins important de croiser la variable « genre » avec d’autres variables comme l’origine ethnique et l’âge pour obtenir une image nuancée et correcte de la réalité.

Un exemple de gender mainstreaming dans le contexte de la création d’un parc à Vienne :

La municipalité viennoise veut créer un parc qui soit attrayant pour les garçons et les filles. Avant d’entamer sa planification concrète et sa conception, une enquête est réalisée pour établir les sports favoris des garçons et des filles.

Il apparaît que les filles préfèrent :

  • le volley et le badminton ;
  • le roller ;
  • l’escalade, les exercices d’équilibre, la balançoire ;
  • le basket / le football dans leur environnement sécurisé.

Les garçons, de leur côté, ont une préférence pour :

  • le football (en salle et en extérieur) ;
  • un panier de basket ;
  • des rampes de skateboard.

Pour créer un parc utilisé par tout le monde, la planification et la conception doivent tenir compte de ces différences. C’est ce qu’a fait la municipalité de Vienne. Dans le nouveau parc, les garçons et les filles peuvent désormais pratiquer des sports classiques comme le football et le basket, mais aussi des activités moins courantes comme le volley et le roller.